{"id":221,"date":"2020-02-06T19:42:30","date_gmt":"2020-02-06T17:42:30","guid":{"rendered":"http:\/\/marianneprofeta.fr\/?p=221"},"modified":"2020-04-27T13:51:19","modified_gmt":"2020-04-27T11:51:19","slug":"sage-femme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/2020\/02\/06\/sage-femme\/","title":{"rendered":"Sage-femme"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Aujourd&rsquo;hui j&rsquo;inaugure une nouvelle forme d&rsquo;\u00e9criture. Juste un instant. Vol\u00e9 entre deux. Une respiration. Un souffle. Un cri peut-\u00eatre aussi. Bonne lecture \ud83d\ude42<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Les cheveux orage, stri\u00e9s de m\u00e8ches blanches telle des \u00e9clairs. Une cape noire ondulant dans la nuit, ses bottes silencieuses sur les feuilles mortes de la for\u00eat. Elle s\u2019avance entre les arbres, gardienne d\u2019une tradition morte, h\u00e9riti\u00e8re d\u2019un m\u00e9tier sans \u00e2ge. Elle n\u2019a pas besoin de lanterne. La chaumi\u00e8re est proche. C\u2019est \u00e0 peine quatre murs et un toit. Une lumi\u00e8re filtre par la petite ouverture qui sert de porte. Elle entend d\u00e9j\u00e0 des cris. Elle se presse.<br>La femme est l\u00e0, \u00e0 m\u00eame le sol. Elle l\u2019aide \u00e0 se mettre \u00e0 quatre pattes. Le b\u00e9b\u00e9 arrive. C\u2019est une fille, elle est pleine de vie. Ce n\u2019est pas le cas de la m\u00e8re. Sa vie s\u2019\u00e9coule en flot rouge entre ses jambes. La faim, le froid, la mis\u00e8re l\u2019ont men\u00e9e l\u00e0. Il n\u2019y a rien \u00e0 faire. Peut-\u00eatre un jour, on saura. Mais pas maintenant. Pas cette fois. La fille deviendra pr\u00eatresse.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle se rappelle le jour de sa naissance dans les for\u00eats d\u2019un autre monde. C\u2019est sa mal\u00e9diction. Ce pour quoi elle vit. Elle s\u2019avance dans les d\u00e9combres d\u2019un bidonville calcin\u00e9. Ses bottes font crisser les gravats. Le bruit des bombes s\u2019\u00e9loigne. Elle passe une porte \u00e9croul\u00e9e. Une femme est allong\u00e9e par terre. Assoiff\u00e9e, maigre, les yeux brillants. Elle s\u2019assoit pr\u00e8s d\u2019elle, l\u2019examine. La naissance est proche. Elle rassure la femme, l\u2019aide \u00e0 se positionner. Respirer, trouver son corps. Pousser. C\u2019est une fille. Vigoureuse, elle cherche d\u00e9j\u00e0 le sein. <br>Elle fait boire la femme, lui injecte une solution d\u2019hydratation. Dans sa sacoche, des poches de sang sont pr\u00eates. Elles vivront si elles se battent.<br>Les cheveux orages, stri\u00e9s de m\u00e8ches blanches telles des \u00e9clairs, elle poursuit sa route. De mis\u00e8res en bonheurs. De d\u00e9combres en hameaux. Elle garde vivant un m\u00e9tier sans \u00e2ge. Bient\u00f4t on la rel\u00e8vera. Bient\u00f4t na\u00eetra une nouvelle accoucheuse.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aujourd&rsquo;hui j&rsquo;inaugure une nouvelle forme d&rsquo;\u00e9criture. J&rsquo;ai appel\u00e9 \u00e7a \u00e9clair. Juste un instant. Vol\u00e9 entre deux. Une respiration. Un souffle. Un cri peut-\u00eatre aussi. Bonne lecture \ud83d\ude42<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-221","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-interludes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/221","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=221"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/221\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":311,"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/221\/revisions\/311"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=221"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=221"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=221"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}