{"id":608,"date":"2021-12-16T13:48:19","date_gmt":"2021-12-16T12:48:19","guid":{"rendered":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/?p=608"},"modified":"2021-12-16T13:48:19","modified_gmt":"2021-12-16T12:48:19","slug":"pensee-arborescente","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/2021\/12\/16\/pensee-arborescente\/","title":{"rendered":"Pens\u00e9e Arborescente"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Cela fait longtemps que je n&rsquo;ai rien publi\u00e9. La sortie de mon recueil Libert\u00e9s Futures m&rsquo;a l\u00e9g\u00e8rement \u00e9puis\u00e9e, mais ce n&rsquo;est pas la seule raison. Aujourd&rsquo;hui j&rsquo;ai laiss\u00e9 mes doigts courir, et exprimer quelque chose de tr\u00e8s personnel. Je vous livre cet interlude qui d\u00e9voile, un peu, mes vagabondages.<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background has-medium-font-size\"><strong><em>Pens\u00e9e Arborescente<\/em><\/strong>\n\nUne id\u00e9e a germ\u00e9 d'une graine venue d'ailleurs qui s'est plant\u00e9e au creux des plis de mon cerveau. Quelle est cette id\u00e9e ? \u00c0 quoi ressemble-t-elle ? Pour le moment je n'en vois qu'un \u00e9clat de vert, \u00e0 peine sorti de terre. Pourtant elle est belle, vivante, pr\u00eate \u00e0 jaillir. Je la regarde, tente de deviner ses contours, dans le flou qui la maintient rattach\u00e9e \u00e0 l'humus noir et fertile.\nUne mince tige, fragile, pointe vers le ciel et un mot s'en \u00e9chappe. \u00c9crire. Elle est l\u00e0 mon id\u00e9e, et de la forme de sa premi\u00e8re feuille je peux reconna\u00eetre la graine, sem\u00e9e dans mon enfance, des histoires que l'on me racontait, des aventures que l'on s\u2019imaginait avec mon fr\u00e8re.\nUn moment, deux petites feuilles d'un vert \u00e9th\u00e9r\u00e9 se balancent, dans un coin de ma conscience, pas encore pr\u00eates \u00e0 devenir r\u00e9ellement une plante, mais d\u00e9j\u00e0 les racines se sont faufil\u00e9es et ne peuvent plus \u00eatre d\u00e9log\u00e9es.\nJe me prends au jeu d'arroser cette id\u00e9e, en laissant mes doigts courir sur un clavier, lorsqu'il est tard et que personne ne me regarde. Alors la plante grandit. Que sera-t-elle ? Fleur ? Ronce ? Arbre ? Je ne peux le dire, mais d\u00e9j\u00e0 sa tige devient plus forte, ses racines vont puiser au fond de ma m\u00e9moire, les \u00e9motions, les espoirs et les cicatrices, qui deviendront histoires.\n\nUne premi\u00e8re branche se dresse timide et j'inscris dans les sillons de mon disque dur la premi\u00e8re nouvelle d'une s\u00e9rie. Sairvo s'appelle-t-elle. Et si ce n'est qu'une premi\u00e8re, c'est d\u00e9j\u00e0 dans ma t\u00eate le d\u00e9but d'un multivers. La branche se d\u00e9ploie, feuille apr\u00e8s feuille, printemps apr\u00e8s printemps et c'est tout un recueil qui s'\u00e9lance vers la lumi\u00e8re. Un fruit bleu r\u00e9colt\u00e9 avec amour.\nEt pendant qu'il m\u00fbrissait, d'autres branches discr\u00e8tement ont pouss\u00e9, projets photos, s\u00e9rie litt\u00e9raire, blog. Certaines ont grandi, ramifi\u00e9, d'autres sont encore des bourgeons. La pens\u00e9e est un arbre asynchrone.\n\nEt le tronc, la branche ma\u00eetresse, le roman. Discret au premier jour, il a grandit et s'est \u00e9toff\u00e9. Des feuilles de toutes les couleurs, emplies de personnages, d'univers, d'arcs narratifs. Des feuilles qui ont fan\u00e9, des fleurs devenues graines, une histoire qui se lirait dans le d\u00e9sordre. Des ramifications partent de la base, d'autres se subdivisent. D'autres, se joignant aux racines font ressortir de moi des histoires qui n'ont rien \u00e0 faire l\u00e0, comme des greffes d'un autre arbre qui seraient venues pomper l'\u00e9nergie de celui-ci. L'arbre drageonne et des dizaines de tiges s'entrem\u00ealent, s'\u00e9touffent les unes les autres. Pi\u00e9g\u00e9e dans ce taillis, suivant une ramure puis une autre, mon cerveau tourne en rond, se perd et se fatigue, ne sait plus o\u00f9 aller, reste l\u00e0, statufi\u00e9.\nErrant alors dans une plaine dess\u00e9ch\u00e9e o\u00f9 seules quelques herbes jaunes pointent. S'\u00e9loigner \u00e0 pas lent et douloureux de cet arbre. Suivre un chemin tout droit, lire beaucoup, une histoire d\u00e9j\u00e0 \u00e9crite, toute trac\u00e9e, canalis\u00e9e.\n\nJe me retourne. Et je vois. Il y a une branche ma\u00eetresse sous les amas de feuilles maintenant mortes, sur laquelle s'accrochent encore quelques touches de vert dur et solide. Je grimpe sur cette branche, d\u00e9cide de la faire pousser.\nUn nouveau roman est en train de prendre forme sous mon stylo, qui d\u00e9j\u00e0 se ramifie et s\u2019appuie sur d'autres projets, chansons, chasses aux tr\u00e9sors et jardins for\u00eats, d'autres branches. Le cycle red\u00e9marre, il me faut garder la main sur l\u2019\u00e9corce et ne pas me perdre.<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cela fait longtemps que je n&rsquo;ai rien publi\u00e9. La sortie de mon recueil Libert\u00e9s Futures m&rsquo;a l\u00e9g\u00e8rement \u00e9puis\u00e9e, mais ce n&rsquo;est pas la seule raison. Aujourd&rsquo;hui j&rsquo;ai laiss\u00e9 mes doigts courir, et exprimer quelque chose de tr\u00e8s personnel. Je vous livre cet interlude qui d\u00e9voile, un peu, mes vagabondages. Pens\u00e9e Arborescente Une id\u00e9e a germ\u00e9 d&rsquo;une graine venue d&rsquo;ailleurs qui s&rsquo;est plant\u00e9e au creux des plis de mon cerveau. Quelle est cette id\u00e9e ? \u00c0 quoi ressemble-t-elle ? Pour le moment je n&rsquo;en vois qu&rsquo;un \u00e9clat de vert, \u00e0 peine sorti de terre. Pourtant elle est belle, vivante, pr\u00eate \u00e0 jaillir. Je la regarde, tente de deviner ses contours, dans le flou qui la maintient rattach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;humus noir et fertile. Une mince tige, fragile, pointe vers le ciel et un mot s&rsquo;en \u00e9chappe. \u00c9crire. Elle est l\u00e0 mon id\u00e9e, et de la forme de sa premi\u00e8re feuille je peux reconna\u00eetre la graine, sem\u00e9e dans mon enfance, des histoires que l&rsquo;on me racontait, des aventures que l&rsquo;on s\u2019imaginait avec mon fr\u00e8re. Un moment, deux petites feuilles d&rsquo;un vert \u00e9th\u00e9r\u00e9 se balancent, dans un coin de ma conscience, pas encore pr\u00eates \u00e0 devenir r\u00e9ellement une plante, mais d\u00e9j\u00e0 les racines se sont faufil\u00e9es et ne peuvent plus \u00eatre d\u00e9log\u00e9es. Je me prends au jeu d&rsquo;arroser cette id\u00e9e, en laissant mes doigts courir sur un clavier, lorsqu&rsquo;il est tard et que personne ne me regarde. Alors la plante grandit. Que sera-t-elle ? Fleur ? Ronce ? Arbre ? Je ne peux le dire, mais d\u00e9j\u00e0 sa tige devient plus forte, ses racines vont puiser au fond de ma m\u00e9moire, les \u00e9motions, les espoirs et les cicatrices, qui deviendront histoires. Une premi\u00e8re branche se dresse timide et j&rsquo;inscris dans les sillons de mon disque dur la premi\u00e8re nouvelle d&rsquo;une s\u00e9rie. Sairvo s&rsquo;appelle-t-elle. Et si ce n&rsquo;est qu&rsquo;une premi\u00e8re, c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 dans ma t\u00eate le d\u00e9but d&rsquo;un multivers. La branche se d\u00e9ploie, feuille apr\u00e8s feuille, printemps apr\u00e8s printemps et c&rsquo;est tout un recueil qui s&rsquo;\u00e9lance vers la lumi\u00e8re. Un fruit bleu r\u00e9colt\u00e9 avec amour. Et pendant qu&rsquo;il m\u00fbrissait, d&rsquo;autres branches discr\u00e8tement ont pouss\u00e9, projets photos, s\u00e9rie litt\u00e9raire, blog. Certaines ont grandi, ramifi\u00e9, d&rsquo;autres sont encore des bourgeons. La pens\u00e9e est un arbre asynchrone. Et le tronc, la branche ma\u00eetresse, le roman. Discret au premier jour, il a grandit et s&rsquo;est \u00e9toff\u00e9. Des feuilles de toutes les couleurs, emplies de personnages, d&rsquo;univers, d&rsquo;arcs narratifs. Des feuilles qui ont fan\u00e9, des fleurs devenues graines, une histoire qui se lirait dans le d\u00e9sordre. Des ramifications partent de la base, d&rsquo;autres se subdivisent. D&rsquo;autres, se joignant aux racines font ressortir de moi des histoires qui n&rsquo;ont rien \u00e0 faire l\u00e0, comme des greffes d&rsquo;un autre arbre qui seraient venues pomper l&rsquo;\u00e9nergie de celui-ci. L&rsquo;arbre drageonne et des dizaines de tiges s&rsquo;entrem\u00ealent, s&rsquo;\u00e9touffent les unes les autres. Pi\u00e9g\u00e9e dans ce taillis, suivant une ramure puis une autre, mon cerveau tourne en rond, se perd et se fatigue, ne sait plus o\u00f9 aller, reste l\u00e0, statufi\u00e9. Errant alors dans une plaine dess\u00e9ch\u00e9e o\u00f9 seules quelques herbes jaunes pointent. S&rsquo;\u00e9loigner \u00e0 pas lent et douloureux de cet arbre. 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