{"id":674,"date":"2022-03-24T13:42:00","date_gmt":"2022-03-24T12:42:00","guid":{"rendered":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/?p=674"},"modified":"2022-03-23T14:50:57","modified_gmt":"2022-03-23T13:50:57","slug":"manta-4-submersion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/2022\/03\/24\/manta-4-submersion\/","title":{"rendered":"Manta #4 Submersion"},"content":{"rendered":"\n<p>Voici l&rsquo;\u00e9pisode 4, de ma s\u00e9rie Manta, qui se d\u00e9roule dans l&rsquo;univers de <a href=\"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/2022\/02\/17\/tales-from-the-wild\/\" data-type=\"post\" data-id=\"634\">Tales from the Wild<\/a>. Les \u00e9pisodes pr\u00e9c\u00e9dents sont ici : <a href=\"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/manta-univers-tftw\/\" data-type=\"page\" data-id=\"639\">Manta<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-background\" style=\"background:linear-gradient(135deg,rgba(255,245,204,0) 0%,rgb(51,167,181) 100%)\"><strong>4. Submersion<\/strong>\n\nEn quittant la ferme, je me dirige r\u00e9solument vers l\u2019est, suivant la c\u00f4te, mais, apr\u00e8s \u00e0 peine une heure de marche, je m\u2019arr\u00eate. Non pas de fatigue, ni \u00e0 cause de mes pieds douloureux, mais parce que je ne sais pas o\u00f9 aller. Je dois me rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, je ne sais pas qui je suis, je parle \u00e0\u2026 appelons-la un esprit des eaux, log\u00e9 dans un coquillage, et j\u2019ai en moi une rage immense.\nL\u00e0, au milieu des champs, je regarde mon pays, la Bretagne, et ne la reconnais pas. Les pr\u00e9s \u00e0 perte de vue, presque plus d\u2019arbres, de haies, de talus, et ses rivi\u00e8res pollu\u00e9es, sa terre \u00e9ventr\u00e9e, ses c\u00f4tes b\u00e9tonn\u00e9es. Je sais que je n\u2019ai jamais connu cette r\u00e9gion \u00e0 l\u2019\u00e9tat sauvage, mais une m\u00e9moire ancestrale me dit qu\u2019il y a un probl\u00e8me, la terre et la mer, en un m\u00eame cri sont en train de mourir.\nUn tracteur, gigantesque, parcours un champ de ma\u00efs pour y \u00e9pandre des engrais. L\u2019odeur est immonde et je suffoque. La fatigue et la col\u00e8re se m\u00ealent en un tourbillon infernal et Manta r\u00e9pond \u00e0 mon appel.\nEnsemble nous appelons les eaux des rivi\u00e8res environnantes, les puits, les fontaines, et la pluie. J\u2019entends alors d\u2019autres esprits r\u00e9pondre et tonner avec nous. Un vent fort se l\u00e8ve et ensemble nous cr\u00e9ons un maelstr\u00f6m d\u2019eau et de pierres arrach\u00e9es. Le tracteur bascule et se fracasse au sol, les \u00e9pis de ma\u00efs sont bris\u00e9s et tombent \u00e0 terre, le chaos gagne la route dont le bitume s\u2019ouvre devant moi. Puis c\u2019est le noir.\n\nJe me r\u00e9veille au milieu de la d\u00e9solation. Je ne sais pas exactement ce qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9 mais cela m\u2019a vid\u00e9 de mon \u00e9nergie. Manta est toujours l\u00e0 et m\u2019envoie des pens\u00e9es r\u00e9confortantes. Nous avons d\u00e9truit un pollueur d\u2019eau. Malheureusement je ne partage pas son optimisme. Je me suis laiss\u00e9e envahir par sa col\u00e8re et la mienne et nous n\u2019avons rien r\u00e9solu. Mais cela me fait r\u00e9fl\u00e9chir. Je sens que ce combat est la continuit\u00e9 d\u2019un autre que je menais et qu\u2019il y a un lien avec mon accident. Et puis ces esprits que je sens partout autour de moi, ils ont toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0 je le sais. Aujourd\u2019hui ils sont en col\u00e8re et ils se r\u00e9voltent. La temp\u00eate que j\u2019ai aper\u00e7ue tout \u00e0 l\u2019heure se rapproche, elle se dirige vers la c\u00f4te, quelque part sur la baie d\u2019Audierne, et elle a l\u2019intention de tout d\u00e9truire. Tout quoi\u00a0? Je ne sais pas.\nManta s\u2019agite dans son coquillage. Alors pour la premi\u00e8re fois je lui parle. Et je d\u00e9cide d\u2019\u00eatre tr\u00e8s ferme\u00a0: il est hors de question que nous participions \u00e0 cette entreprise de destruction. Je ne sais pas ce qu\u2019il se passe et il y a une possibilit\u00e9 pour que je sois juste folle, je parle \u00e0 un coquillage, mais peut-\u00eatre que tout \u00e7a est r\u00e9el et dans ce cas, je ne veux pas qu\u2019il y ait de morts. Bien s\u00fbr que les humains ont ravag\u00e9 beaucoup de choses, mais nous ne pouvons pas juste tout d\u00e9truire en retour. Nous allons aller \u00e0 Audierne, et tenter de communiquer avec cette temp\u00eate.<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici l&rsquo;\u00e9pisode 4, de ma s\u00e9rie Manta, qui se d\u00e9roule dans l&rsquo;univers de Tales from the Wild. Les \u00e9pisodes pr\u00e9c\u00e9dents sont ici : Manta. 4. Submersion En quittant la ferme, je me dirige r\u00e9solument vers l\u2019est, suivant la c\u00f4te, mais, apr\u00e8s \u00e0 peine une heure de marche, je m\u2019arr\u00eate. Non pas de fatigue, ni \u00e0 cause de mes pieds douloureux, mais parce que je ne sais pas o\u00f9 aller. Je dois me rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, je ne sais pas qui je suis, je parle \u00e0\u2026 appelons-la un esprit des eaux, log\u00e9 dans un coquillage, et j\u2019ai en moi une rage immense. L\u00e0, au milieu des champs, je regarde mon pays, la Bretagne, et ne la reconnais pas. Les pr\u00e9s \u00e0 perte de vue, presque plus d\u2019arbres, de haies, de talus, et ses rivi\u00e8res pollu\u00e9es, sa terre \u00e9ventr\u00e9e, ses c\u00f4tes b\u00e9tonn\u00e9es. Je sais que je n\u2019ai jamais connu cette r\u00e9gion \u00e0 l\u2019\u00e9tat sauvage, mais une m\u00e9moire ancestrale me dit qu\u2019il y a un probl\u00e8me, la terre et la mer, en un m\u00eame cri sont en train de mourir. Un tracteur, gigantesque, parcours un champ de ma\u00efs pour y \u00e9pandre des engrais. L\u2019odeur est immonde et je suffoque. La fatigue et la col\u00e8re se m\u00ealent en un tourbillon infernal et Manta r\u00e9pond \u00e0 mon appel. Ensemble nous appelons les eaux des rivi\u00e8res environnantes, les puits, les fontaines, et la pluie. J\u2019entends alors d\u2019autres esprits r\u00e9pondre et tonner avec nous. Un vent fort se l\u00e8ve et ensemble nous cr\u00e9ons un maelstr\u00f6m d\u2019eau et de pierres arrach\u00e9es. Le tracteur bascule et se fracasse au sol, les \u00e9pis de ma\u00efs sont bris\u00e9s et tombent \u00e0 terre, le chaos gagne la route dont le bitume s\u2019ouvre devant moi. Puis c\u2019est le noir. Je me r\u00e9veille au milieu de la d\u00e9solation. Je ne sais pas exactement ce qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9 mais cela m\u2019a vid\u00e9 de mon \u00e9nergie. Manta est toujours l\u00e0 et m\u2019envoie des pens\u00e9es r\u00e9confortantes. Nous avons d\u00e9truit un pollueur d\u2019eau. Malheureusement je ne partage pas son optimisme. Je me suis laiss\u00e9e envahir par sa col\u00e8re et la mienne et nous n\u2019avons rien r\u00e9solu. Mais cela me fait r\u00e9fl\u00e9chir. Je sens que ce combat est la continuit\u00e9 d\u2019un autre que je menais et qu\u2019il y a un lien avec mon accident. Et puis ces esprits que je sens partout autour de moi, ils ont toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0 je le sais. Aujourd\u2019hui ils sont en col\u00e8re et ils se r\u00e9voltent. 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