{"id":698,"date":"2022-05-24T10:34:18","date_gmt":"2022-05-24T08:34:18","guid":{"rendered":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/?p=698"},"modified":"2022-05-24T10:34:18","modified_gmt":"2022-05-24T08:34:18","slug":"petit-manuel-de-resistance-contemporaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/2022\/05\/24\/petit-manuel-de-resistance-contemporaine\/","title":{"rendered":"Petit manuel de R\u00e9sistance contemporaine"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-right\">Cyril Dion<br>\u00c9dition : Actes Sud<br>(collection Domaine du Possible) <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Le monde est en train de s&rsquo;effondrer. C&rsquo;est un constat. Dur. Alors que faire ? Lorsqu&rsquo;on est conscient que les actions individuelles sont insuffisantes, et que changer nos gouvernements sera trop long. C&rsquo;est une r\u00e9flexion autour de ce sujet que propose Cyril Dion, port\u00e9e par un axe : les r\u00e9cits qui nous fa\u00e7onnent, nous les avons invent\u00e9s, \u00e9crits, nous pouvons donc les r\u00e9-\u00e9crire, et en imaginer d&rsquo;autres, porteurs d&rsquo;espoirs.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/images-eu.ssl-images-amazon.com\/images\/I\/41epDdLqLtL._SX195_.jpghttps:\/\/images-eu.ssl-images-amazon.com\/images\/I\/41epDdLqLtL._SX195_.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption>Petit Manuel de R\u00e9sistance contemporaine &#8211; couverture<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ce qui m&rsquo;a plu<\/h2>\n\n\n\n<p>Le premier chapitre est violent, car le constat est l\u00e0 :\u00a0notre monde s&rsquo;effondre, mais \u00e7a n&rsquo;\u00e9tait pas une surprise pour moi, il y a longtemps que j&rsquo;ai fait cette prise de conscience (en lisant <em>Comment tout peut s&rsquo;effondrer<\/em> de P. Servigne et R. Stevens pour \u00eatre exacte). Ce livre n&rsquo;est pas l\u00e0 pour s&rsquo;attarder sur ce constat, il rappelle juste les bases de la r\u00e9flexion. Ce qui est int\u00e9ressant c&rsquo;est la suite.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le r\u00e9cit<\/h3>\n\n\n\n<p>Le th\u00e8me principal du livre est l&rsquo;id\u00e9e que nous sommes fa\u00e7onn\u00e9s, individuellement et comme soci\u00e9t\u00e9, par un certain nombre de r\u00e9cits :\u00a0religieux, politiques, \u00e9conomiques, fictionnels, moraux, etc. Ces r\u00e9cits nous conduisent \u00e0 penser au sein d&rsquo;eux-m\u00eames. Parce que nous avons \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9s dans une soci\u00e9t\u00e9 de consommation capitaliste, parce qu&rsquo;un r\u00e9cit est construit autour de \u00e7a qui nous explique que la consommation est le bonheur (port\u00e9 consciemment par le cin\u00e9ma hollywoodien) alors nous fonctionnons \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de ce r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p>Par cons\u00e9quent, si l&rsquo;on veut changer de monde, il est n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00e9crire de nouveaux r\u00e9cits, des r\u00e9cits d&rsquo;altruisme, de soci\u00e9t\u00e9s non-marchandes, de relations entre les humains et les autres \u00eatres vivants peuplant cette plan\u00e8te. Cyril Dion r\u00e9sume son propos en une phrase qui m&rsquo;a marqu\u00e9e : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Si nous voulons emmener des millions de personnes avec nous, nous devons leur dire o\u00f9 nous allons.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ce que j\u2019interpr\u00e8te comme : on peut se battre contre le capitalisme mais on a perdu d&rsquo;avance si on ne sait pas vers quoi on veut aller. Et encore plus, si on ne <em>raconte<\/em> pas vers quoi on veut aller.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors bien s\u00fbr, cette id\u00e9e a r\u00e9sonn\u00e9 dans mon petit c\u0153ur d&rsquo;autrice. Car oui c&rsquo;est pour cette raison que j&rsquo;\u00e9cris, car je veux r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un monde dans lequel j&rsquo;aimerai vivre, et je veux y emmener d&rsquo;autres personnes et partager, confronter cette fiction \u00e0 la leur, pour qu&rsquo;on construise ensemble.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;\u00e9chelle et la d\u00e9magogie<\/h3>\n\n\n\n<p>Il y a une autre r\u00e9flexion qui m&rsquo;a marqu\u00e9e dans ce livre c&rsquo;est celle autour de l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;action. Comme dit dans le r\u00e9sum\u00e9, lorsqu&rsquo;on milite un peu on constate deux chose : changer le monde par le haut est long, voire impossible, et les actions individuelles sont insuffisantes, m\u00eame si elles sont n\u00e9cessaires, entre autres parce qu&rsquo;elles alimentent le r\u00e9cit justement.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors ? Alors il faut trouver d&rsquo;autres \u00e9chelles. De fa\u00e7on tr\u00e8s simplifi\u00e9e, l&rsquo;auteur propose ici l&rsquo;\u00e9chelle de la commune. Mais j&rsquo;ai l&rsquo;impression que c&rsquo;est plus subtil que \u00e7a : c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9chelle \u00e0 laquelle on est \u00e0 la fois puissant et r\u00e9silient. L&rsquo;\u00e9chelle o\u00f9 l&rsquo;on a du pouvoir, o\u00f9 l&rsquo;on est autonome, o\u00f9 l&rsquo;on peut se connecter aux autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Et pour emmener des gens \u00e0 cette \u00e9chelle-l\u00e0, il faut les f\u00e9d\u00e9rer autour d&rsquo;un r\u00e9cit, d&rsquo;un objectif commun. Cyril Dion cite alors l&rsquo;exemple d&rsquo;Harvey Milk qui a r\u00e9ussi \u00e0 \u00eatre \u00e9lu en faisant campagne sur les crottes de chiens dans sa ville. Sujet qui a f\u00e9d\u00e9r\u00e9 beaucoup plus de monde que les lois pour les droits des homosexuels qu&rsquo;il d\u00e9fendait, et qu&rsquo;il a pu faire passer une fois \u00e9lu. C&rsquo;est de la d\u00e9magogie, mais cela lui a permis d&rsquo;avancer. Et cette id\u00e9e, qui me sort de mon biais de confirmation, est int\u00e9ressante. Je me dis qu&rsquo;il y a peut-\u00eatre un moyen, localement, par exemple \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;une entreprise, de f\u00e9d\u00e9rer les gens autour d&rsquo;un projet simple (mais porteur d&rsquo;id\u00e9e j&rsquo;y tiens). \u00c0 m\u00e9diter.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce livre m&rsquo;a beaucoup donn\u00e9 \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir. Il a le d\u00e9faut d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crit avant la Convention Citoyenne sur le climat et la pand\u00e9mie et je pense qu&rsquo;il serait int\u00e9ressant de le mettre \u00e0 jour \u00e0 la lumi\u00e8re de ces \u00e9v\u00e8nements, mais il y a dedans une id\u00e9e motrice puissante :&nbsp;il nous faut de nouveaux r\u00e9cits ! <\/p>\n\n\n\n<p>Alors \u00e0 bient\u00f4t pour de nouvelles aventures.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cyril Dion\u00c9dition : Actes Sud(collection Domaine du Possible) R\u00e9sum\u00e9 Le monde est en train de s&rsquo;effondrer. C&rsquo;est un constat. Dur. Alors que faire ? Lorsqu&rsquo;on est conscient que les actions individuelles sont insuffisantes, et que changer nos gouvernements sera trop long. C&rsquo;est une r\u00e9flexion autour de ce sujet que propose Cyril Dion, port\u00e9e par un axe : les r\u00e9cits qui nous fa\u00e7onnent, nous les avons invent\u00e9s, \u00e9crits, nous pouvons donc les r\u00e9-\u00e9crire, et en imaginer d&rsquo;autres, porteurs d&rsquo;espoirs. Ce qui m&rsquo;a plu Le premier chapitre est violent, car le constat est l\u00e0 :\u00a0notre monde s&rsquo;effondre, mais \u00e7a n&rsquo;\u00e9tait pas une surprise pour moi, il y a longtemps que j&rsquo;ai fait cette prise de conscience (en lisant Comment tout peut s&rsquo;effondrer de P. Servigne et R. Stevens pour \u00eatre exacte). Ce livre n&rsquo;est pas l\u00e0 pour s&rsquo;attarder sur ce constat, il rappelle juste les bases de la r\u00e9flexion. Ce qui est int\u00e9ressant c&rsquo;est la suite. Le r\u00e9cit Le th\u00e8me principal du livre est l&rsquo;id\u00e9e que nous sommes fa\u00e7onn\u00e9s, individuellement et comme soci\u00e9t\u00e9, par un certain nombre de r\u00e9cits :\u00a0religieux, politiques, \u00e9conomiques, fictionnels, moraux, etc. Ces r\u00e9cits nous conduisent \u00e0 penser au sein d&rsquo;eux-m\u00eames. Parce que nous avons \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9s dans une soci\u00e9t\u00e9 de consommation capitaliste, parce qu&rsquo;un r\u00e9cit est construit autour de \u00e7a qui nous explique que la consommation est le bonheur (port\u00e9 consciemment par le cin\u00e9ma hollywoodien) alors nous fonctionnons \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de ce r\u00e9cit. Par cons\u00e9quent, si l&rsquo;on veut changer de monde, il est n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00e9crire de nouveaux r\u00e9cits, des r\u00e9cits d&rsquo;altruisme, de soci\u00e9t\u00e9s non-marchandes, de relations entre les humains et les autres \u00eatres vivants peuplant cette plan\u00e8te. Cyril Dion r\u00e9sume son propos en une phrase qui m&rsquo;a marqu\u00e9e : Si nous voulons emmener des millions de personnes avec nous, nous devons leur dire o\u00f9 nous allons. Ce que j\u2019interpr\u00e8te comme : on peut se battre contre le capitalisme mais on a perdu d&rsquo;avance si on ne sait pas vers quoi on veut aller. Et encore plus, si on ne raconte pas vers quoi on veut aller. Alors bien s\u00fbr, cette id\u00e9e a r\u00e9sonn\u00e9 dans mon petit c\u0153ur d&rsquo;autrice. Car oui c&rsquo;est pour cette raison que j&rsquo;\u00e9cris, car je veux r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un monde dans lequel j&rsquo;aimerai vivre, et je veux y emmener d&rsquo;autres personnes et partager, confronter cette fiction \u00e0 la leur, pour qu&rsquo;on construise ensemble. L&rsquo;\u00e9chelle et la d\u00e9magogie Il y a une autre r\u00e9flexion qui m&rsquo;a marqu\u00e9e dans ce livre c&rsquo;est celle autour de l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;action. Comme dit dans le r\u00e9sum\u00e9, lorsqu&rsquo;on milite un peu on constate deux chose : changer le monde par le haut est long, voire impossible, et les actions individuelles sont insuffisantes, m\u00eame si elles sont n\u00e9cessaires, entre autres parce qu&rsquo;elles alimentent le r\u00e9cit justement. Alors ? Alors il faut trouver d&rsquo;autres \u00e9chelles. De fa\u00e7on tr\u00e8s simplifi\u00e9e, l&rsquo;auteur propose ici l&rsquo;\u00e9chelle de la commune. Mais j&rsquo;ai l&rsquo;impression que c&rsquo;est plus subtil que \u00e7a : c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9chelle \u00e0 laquelle on est \u00e0 la fois puissant et r\u00e9silient. L&rsquo;\u00e9chelle o\u00f9 l&rsquo;on a du pouvoir, o\u00f9 l&rsquo;on est autonome, o\u00f9 l&rsquo;on peut se connecter aux autres. Et pour emmener des gens \u00e0 cette \u00e9chelle-l\u00e0, il faut les f\u00e9d\u00e9rer autour d&rsquo;un r\u00e9cit, d&rsquo;un objectif commun. Cyril Dion cite alors l&rsquo;exemple d&rsquo;Harvey Milk qui a r\u00e9ussi \u00e0 \u00eatre \u00e9lu en faisant campagne sur les crottes de chiens dans sa ville. Sujet qui a f\u00e9d\u00e9r\u00e9 beaucoup plus de monde que les lois pour les droits des homosexuels qu&rsquo;il d\u00e9fendait, et qu&rsquo;il a pu faire passer une fois \u00e9lu. C&rsquo;est de la d\u00e9magogie, mais cela lui a permis d&rsquo;avancer. Et cette id\u00e9e, qui me sort de mon biais de confirmation, est int\u00e9ressante. Je me dis qu&rsquo;il y a peut-\u00eatre un moyen, localement, par exemple \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;une entreprise, de f\u00e9d\u00e9rer les gens autour d&rsquo;un projet simple (mais porteur d&rsquo;id\u00e9e j&rsquo;y tiens). \u00c0 m\u00e9diter. Conclusion Ce livre m&rsquo;a beaucoup donn\u00e9 \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir. 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