{"id":780,"date":"2023-09-05T11:39:47","date_gmt":"2023-09-05T09:39:47","guid":{"rendered":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/?p=780"},"modified":"2023-09-05T11:39:48","modified_gmt":"2023-09-05T09:39:48","slug":"lectures-daout-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/2023\/09\/05\/lectures-daout-2\/","title":{"rendered":"Lectures d&rsquo;Ao\u00fbt"},"content":{"rendered":"\n<p>Ce mois-ci, c&rsquo;est livres pris au hasard (presque) \u00e0 la biblioth\u00e8que. Et de ce fait, il y a de tout : une grosse claque, et une d\u00e9ception.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Rivage de la col\u00e8re<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Caroline Laurent<br>Ed : Les Escales<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/marianneprofeta.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/2023-08-Rivage-de-la-colere.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-795\" width=\"220\" height=\"367\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Celui-l\u00e0 c&rsquo;est pour la bonne claque dans la figure. Rivage de la col\u00e8re raconte l&rsquo;histoire de Marie-Pierre Ladouceur, habitante de l&rsquo;\u00eele de Diego Garcia dans l&rsquo;archipel des Chagos. L&rsquo;archipel en question, fait partie de l&rsquo;\u00eele Maurice, sauf que, lorsque Maurice devient ind\u00e9pendante en 1967, les Chagos, sont vendus aux Anglais. Les Anglais ont un accord avec les Am\u00e9ricains pour y installer une base militaire. Et pour cela, ils vont \u00e9vacuer l&rsquo;\u00eele : en quelques heures, les Chagossiens doivent rassembler leurs affaires, puis sont entass\u00e9s dans les cales d&rsquo;un cargo et envoy\u00e9 \u00e0 Maurice, o\u00f9 rien n&rsquo;est pr\u00e9vu pour les accueillir. Ils se retrouvent donc \u00e0 survivre dans un bidonville insalubre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman suit en parall\u00e8le, Marie Ladouceur, son amant, Gabriel, et leur fils Jos\u00e9phin qui va aller jusqu&rsquo;\u00e0 la cour de justice de La Haye pour faire reconna\u00eetre les droits des Chagossiens. \u00c0 savoir que leur combat n&rsquo;est pas termin\u00e9 et qu&rsquo;\u00e0 ce jour, si j&rsquo;ai bien compris, ils n&rsquo;ont pas eu le droit de retourner sur leur \u00eele.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre a \u00e9t\u00e9 une vraie claque. D&rsquo;abord je n&rsquo;avais jamais entendu parler des Chagos, et d\u00e9couvrir les horreurs perp\u00e9tr\u00e9es par l&rsquo;humain est toujours choquant. Ensuite, j&rsquo;ai trouv\u00e9 le roman autour tr\u00e8s bien men\u00e9. Au d\u00e9part, Marie ne s&rsquo;int\u00e9resse pas trop \u00e0 la politique de l&rsquo;\u00eele Maurice, \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance, etc. Puis petit \u00e0 petit, elle va comprendre les enjeux pour elle et pour les Chagossiens et d\u00e9cider de se battre.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai moins aim\u00e9, les malentendus qui servent \u00e0 cr\u00e9er la tension autour de l&rsquo;histoire entre Gabriel et Marie. Il y a d\u00e9j\u00e0 suffisamment de choses qui se passent mal, je pense que \u00e7a n&rsquo;\u00e9tait pas n\u00e9cessaire, mais \u00e7a n&rsquo;est qu&rsquo;une toute petite partie du livre et \u00e7a n&rsquo;impacte pas beaucoup la lecture au final.<\/p>\n\n\n\n<p>Les passages du voyage de Jos\u00e9phin pour La Haye, qui sont intercal\u00e9s dans l&rsquo;histoire, ne sont pas dat\u00e9s. Au d\u00e9part c&rsquo;est d\u00e9routant, mais je pense que \u00e7a a du sens : l&rsquo;histoire est toujours en cours malheureusement.<\/p>\n\n\n\n<p>Je recommande chaudement cette lecture qui est un roman prenant et une d\u00e9couverte de cette histoire tragique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cantique pour les \u00e9toiles<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Simon Jimenez<br>Ed : J&rsquo;ai Lu<br>Trad : Beno\u00eet Domis<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/marianneprofeta.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/2023-08-Cantique-pour-les-etoiles-633x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-796\" width=\"220\" height=\"358\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Roman de SF, nomin\u00e9 au prix Locus, j&rsquo;y suis all\u00e9e les yeux ferm\u00e9s\u2026 Mais c&rsquo;est malheureusement une d\u00e9ception.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant il avait tout pour plaire : un univers de space opera bien pens\u00e9 : l&rsquo;humanit\u00e9 a quitt\u00e9 la terre et s&rsquo;est install\u00e9e sur des stations spatiales, d&rsquo;o\u00f9 elle exploite diff\u00e9rents mondes ressources. Probl\u00e8me : pour voyager &lsquo;rapidement&rsquo; d&rsquo;un monde \u00e0 l&rsquo;autre il faut passer par la Poche et les voyageurs qui s&rsquo;y rendent ressortent avec des ann\u00e9es de d\u00e9calage par rapport aux autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Les personnages sont \u00e9galement bien travaill\u00e9s. Kaeda est un habitant d&rsquo;un monde ressource qui tombe amoureux d&rsquo;une voyageuse spatiale. Sauf qu&rsquo;elle vient une journ\u00e9e tous les quinze ans pour lui, alors qu&rsquo;elle n&rsquo;a viellit que de quelques mois. Nia, la voyageuse en question, va se retrouver en charge d&rsquo;un enfant muet tomb\u00e9 du ciel, qu&rsquo;une femme myst\u00e9rieuse lui demande de cacher.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusque-l\u00e0, \u00e7a a l&rsquo;air chouette. Sauf que\u2026 Sauf que l&rsquo;histoire est construite tr\u00e8s bizarrement. On dirait plut\u00f4t un assemblage de nouvelles ind\u00e9pendantes qu&rsquo;un roman. 50 premi\u00e8res pages : on suit la romance de Kaeda et Nia, contemplation po\u00e9tique du vieillissement et de l&rsquo;\u00e9loignement, c&rsquo;est joli. Et puis, forc\u00e9ment, Kaeda meurt de vieillesse. On suit donc Nia, qui a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 le gar\u00e7on muet.<\/p>\n\n\n\n<p>100 pages plus loin, l&rsquo;\u00e9quipage de Nia auquel on avait commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;attacher, et \u00e0 comprendre les relations complexes de chacun avec Nia, la capitaine du vaisseau, dispara\u00eet de l&rsquo;histoire pour \u00eatre remplac\u00e9 par un nouveau. Franchement je n&rsquo;ai m\u00eame pas pris la peine de retenir les noms de ces nouveaux personnages.<\/p>\n\n\n\n<p>50 pages plus loin, changement de narration : on passe d&rsquo;un point de vue focalis\u00e9 sur Nia, au journal de bord de Sartoris (l&rsquo;un des nouveaux, le seul int\u00e9ressant). Il en profite pour nous balancer d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s froide la r\u00e9solution du myst\u00e8re du gar\u00e7on tomb\u00e9 du ciel.<\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re partie est plut\u00f4t sympa, m\u00eame si \u00e7a tra\u00eene un peu en longueur sur la fin. <\/p>\n\n\n\n<p>En plus de cette construction bizarre, je n&rsquo;ai pas compris un seul arc narratif d&rsquo;aucun personnage en dehors de Kaeda, mais il meurt tr\u00e8s vite. La pire \u00e9tant Nakomi : la scientifique g\u00e9niale qui a construit les stations spatiales et cherche le gar\u00e7on, pour finalement, tout faire p\u00e9ter \u00e0 la fin\u2026 sans qu&rsquo;on sache trop pourquoi.<\/p>\n\n\n\n<p>Ah non pardon, le pire c&rsquo;est le tra\u00eetre : on ne sait pas pourquoi il trahit, ni pourquoi il regrette d&rsquo;avoir trahi ensuite\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Tout est un peu r\u00e9sum\u00e9 par le probl\u00e8me de l&rsquo;incipit (la premi\u00e8re phrase du livre) : \u00ab Il \u00e9tait n\u00e9 avec un onzi\u00e8me doigt \u00bb. Jusque l\u00e0 tr\u00e8s bien :  on va parler d\u2019un personnage, qui a une marque physique significative, qui va probablement le distinguer. D\u2019ailleurs la premi\u00e8re page confirme cette impression : le 11\u00e8me doigt est amput\u00e9, le p\u00e8re garde les os comme une relique et en fait un pr\u00e9sage d\u2019un grand avenir pour son fils. Bref c\u2019est ok avec l\u2019incipit\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u2026sauf que non. Le personnage en question c&rsquo;est Kaeda qui meurt au bout de 50 pages. Non seulement le onzi\u00e8me doigt n\u2019a aucun int\u00e9r\u00eat par la suite, mais en plus, \u00e7a n\u2019est m\u00eame pas celui du protagoniste de l\u2019histoire. <\/p>\n\n\n\n<p>Bref, je suis compl\u00e8tement pass\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce livre. Maintenant l&rsquo;\u00e9criture est fluide et l&rsquo;ambiance po\u00e9tique, donc si juste une atmosph\u00e8re peut vous suffire \u00e0 passer un bon moment de lecture je vous le recommande, s&rsquo;il vous faut une histoire, je vous le recommande moins.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Socialter HS N\u00b016 : Manuel d&rsquo;auto-d\u00e9fense intellectuelle<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/marianneprofeta.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/2023-08-Socialter-HS.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-797\" width=\"221\" height=\"294\" srcset=\"https:\/\/marianneprofeta.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/2023-08-Socialter-HS.jpg 429w, https:\/\/marianneprofeta.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/2023-08-Socialter-HS-225x300.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 221px) 100vw, 221px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>J&rsquo;aime beaucoup le magasine Socialter. Je ne compte pas habituellement les num\u00e9ro comme des \u00ablectures\u00bb du mois, mais les hors-s\u00e9ries sont suffisamment gros pour que \u00e7a fasse l&rsquo;objet d&rsquo;un article et celui-l\u00e0 ne fait pas exception.<\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e8me de ce hors-s\u00e9rie est l&rsquo;auto-d\u00e9fense intellectuelle :\u00a0en gros comment discerner la langue de bois et s&rsquo;en prot\u00e9ger, sous la direction de Fran\u00e7ois B\u00e9gaudeau.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8re et deuxi\u00e8me parties sont tr\u00e8s chouettes avec des articles rigolos comme les tactiques de d\u00e9fenses ou la d\u00e9finition des figures de style qui permettent de brouiller les messages. J&rsquo;ai particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9 l&rsquo;article \u00abDeux ou trois choses sur les mots\u00bb \u00e9crit par Fran\u00e7ois B\u00e9gaudeau. Il y explique entre autres choses, que lorsque les m\u00e9dias disent que l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale est ing\u00e9rable, \u00e7a ne dit rien de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale mais beaucoup sur les m\u00e9dias. <\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai moins appr\u00e9ci\u00e9 la 3\u00e8me partie qui a un fort go\u00fbt de \u00abc&rsquo;\u00e9tait mieux avant\u00bb. On peut regretter que les r\u00e9seaux sociaux ne permettent pas de d\u00e9velopper des pens\u00e9es complexes ou que les s\u00e9ries produites \u00e0 la cha\u00eene signent la mort du cin\u00e9ma d&rsquo;auteur mais c&rsquo;est oublier un peu vite ce que peut apporter internet d&rsquo;une part (par exemple j&rsquo;ai d\u00e9couvert plein de tr\u00e8s bons vulgarisateurs scientifiques sur Youtube) et \u00e7a ne donne pas d&rsquo;id\u00e9e pour avancer d&rsquo;autre part.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a reste un bon num\u00e9ro et de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale je conseille fortement cette revue.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Je vous souhaite \u00e0 toutes et tous une tr\u00e8s bonne lecture et je vous dis au mois prochain pour les lectures de Septembre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce mois-ci, c&rsquo;est livres pris au hasard (presque) \u00e0 la biblioth\u00e8que. Et de ce fait, il y a de tout : une grosse claque, et une d\u00e9ception. Rivage de la col\u00e8re Caroline LaurentEd : Les Escales Celui-l\u00e0 c&rsquo;est pour la bonne claque dans la figure. Rivage de la col\u00e8re raconte l&rsquo;histoire de Marie-Pierre Ladouceur, habitante de l&rsquo;\u00eele de Diego Garcia dans l&rsquo;archipel des Chagos. L&rsquo;archipel en question, fait partie de l&rsquo;\u00eele Maurice, sauf que, lorsque Maurice devient ind\u00e9pendante en 1967, les Chagos, sont vendus aux Anglais. Les Anglais ont un accord avec les Am\u00e9ricains pour y installer une base militaire. Et pour cela, ils vont \u00e9vacuer l&rsquo;\u00eele : en quelques heures, les Chagossiens doivent rassembler leurs affaires, puis sont entass\u00e9s dans les cales d&rsquo;un cargo et envoy\u00e9 \u00e0 Maurice, o\u00f9 rien n&rsquo;est pr\u00e9vu pour les accueillir. Ils se retrouvent donc \u00e0 survivre dans un bidonville insalubre. Le roman suit en parall\u00e8le, Marie Ladouceur, son amant, Gabriel, et leur fils Jos\u00e9phin qui va aller jusqu&rsquo;\u00e0 la cour de justice de La Haye pour faire reconna\u00eetre les droits des Chagossiens. \u00c0 savoir que leur combat n&rsquo;est pas termin\u00e9 et qu&rsquo;\u00e0 ce jour, si j&rsquo;ai bien compris, ils n&rsquo;ont pas eu le droit de retourner sur leur \u00eele. Ce livre a \u00e9t\u00e9 une vraie claque. D&rsquo;abord je n&rsquo;avais jamais entendu parler des Chagos, et d\u00e9couvrir les horreurs perp\u00e9tr\u00e9es par l&rsquo;humain est toujours choquant. Ensuite, j&rsquo;ai trouv\u00e9 le roman autour tr\u00e8s bien men\u00e9. Au d\u00e9part, Marie ne s&rsquo;int\u00e9resse pas trop \u00e0 la politique de l&rsquo;\u00eele Maurice, \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance, etc. Puis petit \u00e0 petit, elle va comprendre les enjeux pour elle et pour les Chagossiens et d\u00e9cider de se battre. J&rsquo;ai moins aim\u00e9, les malentendus qui servent \u00e0 cr\u00e9er la tension autour de l&rsquo;histoire entre Gabriel et Marie. Il y a d\u00e9j\u00e0 suffisamment de choses qui se passent mal, je pense que \u00e7a n&rsquo;\u00e9tait pas n\u00e9cessaire, mais \u00e7a n&rsquo;est qu&rsquo;une toute petite partie du livre et \u00e7a n&rsquo;impacte pas beaucoup la lecture au final. Les passages du voyage de Jos\u00e9phin pour La Haye, qui sont intercal\u00e9s dans l&rsquo;histoire, ne sont pas dat\u00e9s. Au d\u00e9part c&rsquo;est d\u00e9routant, mais je pense que \u00e7a a du sens : l&rsquo;histoire est toujours en cours malheureusement. Je recommande chaudement cette lecture qui est un roman prenant et une d\u00e9couverte de cette histoire tragique. Cantique pour les \u00e9toiles Simon JimenezEd : J&rsquo;ai LuTrad : Beno\u00eet Domis Roman de SF, nomin\u00e9 au prix Locus, j&rsquo;y suis all\u00e9e les yeux ferm\u00e9s\u2026 Mais c&rsquo;est malheureusement une d\u00e9ception. Pourtant il avait tout pour plaire : un univers de space opera bien pens\u00e9 : l&rsquo;humanit\u00e9 a quitt\u00e9 la terre et s&rsquo;est install\u00e9e sur des stations spatiales, d&rsquo;o\u00f9 elle exploite diff\u00e9rents mondes ressources. Probl\u00e8me : pour voyager &lsquo;rapidement&rsquo; d&rsquo;un monde \u00e0 l&rsquo;autre il faut passer par la Poche et les voyageurs qui s&rsquo;y rendent ressortent avec des ann\u00e9es de d\u00e9calage par rapport aux autres. Les personnages sont \u00e9galement bien travaill\u00e9s. Kaeda est un habitant d&rsquo;un monde ressource qui tombe amoureux d&rsquo;une voyageuse spatiale. Sauf qu&rsquo;elle vient une journ\u00e9e tous les quinze ans pour lui, alors qu&rsquo;elle n&rsquo;a viellit que de quelques mois. Nia, la voyageuse en question, va se retrouver en charge d&rsquo;un enfant muet tomb\u00e9 du ciel, qu&rsquo;une femme myst\u00e9rieuse lui demande de cacher. Jusque-l\u00e0, \u00e7a a l&rsquo;air chouette. Sauf que\u2026 Sauf que l&rsquo;histoire est construite tr\u00e8s bizarrement. On dirait plut\u00f4t un assemblage de nouvelles ind\u00e9pendantes qu&rsquo;un roman. 50 premi\u00e8res pages : on suit la romance de Kaeda et Nia, contemplation po\u00e9tique du vieillissement et de l&rsquo;\u00e9loignement, c&rsquo;est joli. Et puis, forc\u00e9ment, Kaeda meurt de vieillesse. On suit donc Nia, qui a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 le gar\u00e7on muet. 100 pages plus loin, l&rsquo;\u00e9quipage de Nia auquel on avait commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;attacher, et \u00e0 comprendre les relations complexes de chacun avec Nia, la capitaine du vaisseau, dispara\u00eet de l&rsquo;histoire pour \u00eatre remplac\u00e9 par un nouveau. Franchement je n&rsquo;ai m\u00eame pas pris la peine de retenir les noms de ces nouveaux personnages. 50 pages plus loin, changement de narration : on passe d&rsquo;un point de vue focalis\u00e9 sur Nia, au journal de bord de Sartoris (l&rsquo;un des nouveaux, le seul int\u00e9ressant). Il en profite pour nous balancer d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s froide la r\u00e9solution du myst\u00e8re du gar\u00e7on tomb\u00e9 du ciel. La derni\u00e8re partie est plut\u00f4t sympa, m\u00eame si \u00e7a tra\u00eene un peu en longueur sur la fin. En plus de cette construction bizarre, je n&rsquo;ai pas compris un seul arc narratif d&rsquo;aucun personnage en dehors de Kaeda, mais il meurt tr\u00e8s vite. La pire \u00e9tant Nakomi : la scientifique g\u00e9niale qui a construit les stations spatiales et cherche le gar\u00e7on, pour finalement, tout faire p\u00e9ter \u00e0 la fin\u2026 sans qu&rsquo;on sache trop pourquoi. Ah non pardon, le pire c&rsquo;est le tra\u00eetre : on ne sait pas pourquoi il trahit, ni pourquoi il regrette d&rsquo;avoir trahi ensuite\u2026 Tout est un peu r\u00e9sum\u00e9 par le probl\u00e8me de l&rsquo;incipit (la premi\u00e8re phrase du livre) : \u00ab Il \u00e9tait n\u00e9 avec un onzi\u00e8me doigt \u00bb. Jusque l\u00e0 tr\u00e8s bien : on va parler d\u2019un personnage, qui a une marque physique significative, qui va probablement le distinguer. D\u2019ailleurs la premi\u00e8re page confirme cette impression : le 11\u00e8me doigt est amput\u00e9, le p\u00e8re garde les os comme une relique et en fait un pr\u00e9sage d\u2019un grand avenir pour son fils. Bref c\u2019est ok avec l\u2019incipit\u2026 \u2026sauf que non. Le personnage en question c&rsquo;est Kaeda qui meurt au bout de 50 pages. Non seulement le onzi\u00e8me doigt n\u2019a aucun int\u00e9r\u00eat par la suite, mais en plus, \u00e7a n\u2019est m\u00eame pas celui du protagoniste de l\u2019histoire. Bref, je suis compl\u00e8tement pass\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce livre. Maintenant l&rsquo;\u00e9criture est fluide et l&rsquo;ambiance po\u00e9tique, donc si juste une atmosph\u00e8re peut vous suffire \u00e0 passer un bon moment de lecture je vous le recommande, s&rsquo;il vous faut une histoire, je vous le recommande moins. Socialter HS N\u00b016 : Manuel d&rsquo;auto-d\u00e9fense intellectuelle J&rsquo;aime beaucoup le magasine Socialter. Je ne compte pas habituellement les num\u00e9ro comme des \u00ablectures\u00bb du mois, mais les hors-s\u00e9ries sont suffisamment gros pour que \u00e7a fasse l&rsquo;objet d&rsquo;un article et celui-l\u00e0 ne fait pas exception. Le th\u00e8me de ce hors-s\u00e9rie est l&rsquo;auto-d\u00e9fense intellectuelle :\u00a0en gros comment discerner la langue de bois et s&rsquo;en prot\u00e9ger, sous la direction de Fran\u00e7ois B\u00e9gaudeau. Les premi\u00e8re et deuxi\u00e8me parties sont tr\u00e8s chouettes avec des articles rigolos comme les tactiques de d\u00e9fenses ou la d\u00e9finition des figures de style qui permettent de brouiller les messages. J&rsquo;ai particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9 l&rsquo;article \u00abDeux ou trois choses sur les mots\u00bb \u00e9crit par Fran\u00e7ois B\u00e9gaudeau. Il y explique entre autres choses, que lorsque les m\u00e9dias disent que l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale est ing\u00e9rable, \u00e7a ne dit rien de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale mais beaucoup sur les m\u00e9dias. J&rsquo;ai moins appr\u00e9ci\u00e9 la 3\u00e8me partie qui a un fort go\u00fbt de \u00abc&rsquo;\u00e9tait mieux avant\u00bb. On peut regretter que les r\u00e9seaux sociaux ne permettent pas de d\u00e9velopper des pens\u00e9es complexes ou que les s\u00e9ries produites \u00e0 la cha\u00eene signent la mort du cin\u00e9ma d&rsquo;auteur mais c&rsquo;est oublier un peu vite ce que peut apporter internet d&rsquo;une part (par exemple j&rsquo;ai d\u00e9couvert plein de tr\u00e8s bons vulgarisateurs scientifiques sur Youtube) et \u00e7a ne donne pas d&rsquo;id\u00e9e pour avancer d&rsquo;autre part. \u00c7a reste un bon num\u00e9ro et de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale je conseille fortement cette revue. Je vous souhaite \u00e0 toutes et tous une tr\u00e8s bonne lecture et je vous dis au mois prochain pour les lectures de Septembre.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":793,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,25],"tags":[29,6,51],"class_list":["post-780","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-blog","category-livres","tag-litterature","tag-science-fiction","tag-sociologie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/780","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=780"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/780\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":799,"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/780\/revisions\/799"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/793"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=780"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=780"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/marianneprofeta.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=780"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}